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Vidéos chiliennes à examiner à la loupe

publicado a la‎(s)‎ 29 jul. 2015 13:16 por Plataforma Sites Dgac   [ actualizado el 7 mar. 2016 11:40 por Jose Patricio Lay Lagos ]

Dernières découvertes sur les vidéos chiliennes d’OVNI : élimination des insectes

 Traduction d’un article de Leslie Kean, publié le 13 avril 2012, Huffington Post

Le 13 mars, Ralph Blumenthal et moi avons publié un article sur un cas survenu au Chili et qui a depuis suscité une grande polémique. L’organisme officiel de recherche sur les PAN (Phénomènes Aériens Non identifiés) à Santiago, appelé CEFAA (Comité d’Étude des Phénomènes Aériens Anormaux) avait fourni des informations au sujet d’une anomalie repérée sur plusieurs enregistrements vidéo pendant un spectacle aérien près de la base aérienne d’El Bosque, le 5 novembre 2010. (http://www.huffingtonpost.com/leslie-kean/the-extraordinary-ufo-sig_b_1342585.html).

 Pendant sa conférence au Congrès international des OVNI à Phoenix, en février dernier, le directeur du CEFAA, le général Ricardo Bermúdez, a montré d’abord une des vidéos – la même que nous avons publiée. Puis il a expliqué à son public que « sept spectateurs, situés à différents endroits, chacun disposant de sa propre caméra, ont filmé un objet volant. La chose apparaît sur les sept vidéos ». Son discours est actuellement disponible sur le site du CEFAA. (link)

 Quelques jours auparavant, je m’étais renseigné sur le cas en contactant le CEFAA. J’ai ainsi pu interviewer le général juste avant sa présentation à Phoenix. Il m’a confié : « quelque chose d’anormal s’est produit là-bas et nos astronomes, qui sont cartésiens, ont affirmé que c’était un objet. Le fait qu’il se rapproche indique qu’une intelligence est aux commandes. On ne sait toujours pas de quoi il s’agit, mais nous n’avons pas terminé l’analyse ».

 Des experts au Chili ont examiné les vidéos, provenant d’appareils photo numériques et de téléphones portables, et en ont tiré des explications conventionnelles. Bermúdez a évoqué leurs méthodes dans son discours : « Nous avons utilisé différents procédés d’analyse. D’abord, nous avons transmis tous les films à nos astronomes qui les ont étudiés avec leurs propres logiciels et systèmes. Puis, nous avons remis le film à des spécialistes de la force aérienne, le Service de photogrammétrie aérienne. Ils ont eu recours à leurs propres méthodes. Enfin, nous, le CEFAA, avons mené une analyse en interne avec nos propres spécialistes ».

 Et il ajoute : « Les analyses se poursuivront et nous espérons arriver à une conclusion scientifique le plus tôt possible ».

 Alberto Vegara qui fait partie des experts chiliens et qui est spécialiste en imagerie numérique, affirme que « l’examen de toute la vidéo, scène après scène, nous a permis de constater qu’il [l’objet] se déplaçait à une vitesse largement supérieure à celle de n’importe quel engin ou technique connus à ce jour. Cela nous invite donc à poursuivre les recherches quant à son origine ».

 Blumenthal et moi-même avons peut-être posé trop de questions rhétoriques et n’avons pas assez insisté sur le fait que les recherches continuaient, ainsi que Bermúdez et Vergara l’avaient déclaré. Aujourd’hui, la quête d’une « conclusion scientifique » connaît un nouveau regain. Après la révélation de cette histoire, plusieurs analystes de photographie renommés, et extérieurs au Chili, qui souhaitent rester anonymes pour l’instant, se sont rapprochés du CEFAA et ont demandé s’ils pouvaient étudier les vidéos. Deux d’entre eux ont déjà commencé à travailler de façon minutieuse et indépendante sur le cas. Ce procédé permettra d’aborder de nouvelles questions, parmi lesquelles certaines ont été soulevées durant notre enquête.

 En accord avec les souhaits exprimés par l’équipe scientifique du Chili et les nouveaux analystes mentionnés ci-dessus, le général Bermúdez ne diffusera pas d’autre vidéo pour le moment. Le but est que le public en soit informé de façon exhaustive, pour une meilleure compréhension générale, une fois le tout connu et publié. Ainsi, l’ensemble des experts s’est mis d’accord pour que d’abord les recherches essentielles soient menées à bien.

 Le CEFAA s’engage à répondre aux demandes de tout le monde, mais cela prendra du temps. En effet, l’organisme ne cherche pas à cacher quoi que ce soit. J’ai eu libre accès à l’enquête et je vais pouvoir en suivre les aboutissements au fur et à mesure. Il me paraît évident que le général Bermúdez ne va pas mettre les vidéos en ligne de façon prématurée et risquer de se faire devancer par des personnes non qualifiées, surtout après ce qui s’est passé suite à la publication de la première vidéo.

 Quelques sceptiques ont crée le buzz en décidant de mener leur propre « analyse » des vidéo clips, puis ont déclaré, avec bravade, que l’objet en question n’était autre qu’un insecte. En général, leur texte était assorti d’une citation ou d’une représentation erronée de mon travail ou de celui du CEFAA. L’incompétence de ces individus, sans même évoquer leurs qualifications, découlait d’une immense lacune : leur travail n’incorporait pas les données nécessaires pour produire une analyse correcte, et encore plus important, il se concentrait sur les vidéos d’une seule des multiples caméras témoins.

 La semaine dernière, Bermudez a révélé que « l’existence de plusieurs vidéos, prises par différentes personnes placées à différentes distances de la même scène incite à penser qu’il ne s’agit pas seulement d’un insecte. Nous [le CEFAA] donnerons plus de détails lorsque les recherches actualisées seront terminées ».

 Je ne suis ni analyste d’images ni entomologiste. En collaboration avec mon collègue qui écrit pour le New York Times, je n’ai, jusque là, fait que vous rapporter ce que les meilleures sources chiliennes m’ont confié sur ce cas des plus intrigants. À présent nous devons tous patienter pour avoir plus d’informations et respecter leurs méthodes.

 Mais en attendant, amusons-nous un peu avec les insectes.

 

L’OVNI d’El Bosque serait-il en fait un scarabée ? (clichés extraits des vidéos, avec l’aimable autorisation du CEFAA)

                                                                                          

 Celui-ci pourrait-il être un OVNI ? (Planorbata depressa)                   Et celui-ci ? (Coccidophilus ctricola)

 Pour plus de choix, voir http://www.coleopterosdechile.cl/coleoptera/coccinellidae.html ou

http://www.coccinellidae.cl/

 Lorsque les chercheurs du CEFAA ont pour la première fois visualisé l’enregistrement évoqué précédemment, il leur a été présenté par un ingénieur qui avait remarqué un objet étrange sur le ralenti de la vidéo. Ils ont alors eux aussi pensé que la petite chose tremblotante devait être un insecte. Ils ont cependant décidé de rechercher des films supplémentaires. C’est seulement après avoir découvert que l’objet apparaissait sur d’autres vidéos prises à différents endroits (par des caméras trop éloignées les unes des autres pour avoir pu capturé le même insecte) que les analystes chiliens se sont rendu compte que l’objet ne pouvait vraisemblablement pas être un insecte.

 J’ai moi-même récemment décidée de me pencher sur le cas en montrant la vidéo, le diaporama power point et les zooms sur l’objet à des entomologistes américains qui avec, avec un peu de chance, ont quelques notions des insectes chiliens. Après tout, ne sont-ils pas les mieux placés pour déterminer si l’OVNI est en fait une sorte d’insecte ?

 J’ai trouvé trois entomologistes hautement qualifiés auxquels j’ai posé ma question sans détour, mais sans en mentionner la raison, si ce n’est « dans le cadre de recherches ». La question était tout simplement formulée ainsi : pensez-vous qu’il s’agisse d’un insecte ?

 J’ai téléphoné au gestionnaire de collections des insectes et coordinateur du laboratoire de diagnostique de l’Université Cornell, Jason J. Dombroskie, qui avait reçu mon courriel et me demandait de l’appeler. Est-ce qu’il pourrait s’agir d’un insecte ? Il a répondu : « C’est possible mais cela me surprendrait beaucoup. » Il trouvait que ça ressemblait plutôt à une tâche floue et a fait remarquer que les scarabées ont un vol lent. Il en a conclu que « ça pourrait être n’importe quoi ».

 Le professeur et conservateur du Musée national de l’université du Nebraska et du département d’entomologie, Brett C. Ratcliffe, a reçu un prix remis par la Société des coléoptéristes pour « ses travaux remarquables » entre 1992 et 2005. Il a donné son nom à dix-neuf espèces d’insectes, notamment des scarabées (qui représentent l’hypothèse la plus probable ici, étant donné leur forme arrondie qui s’apparente à un dôme avec des bords plats). Il a répondu ainsi à mon courriel et son étrange pièce jointe : « C’est assez impressionnant. Aucune idée de ce que ça pourrait être mais ça n’a pas l’air d’être un insecte… bien qu’effectivement les insectes au vol rapide photographiés en mode d’obturation lente ressemblent à des tâches floues et informes. Je transmets ça à plusieurs collègues et demandent autour de moi. »

 Des tâches informes ? Oui, le plus souvent les insectes pris en photo de près ressemblent à cela.

Un vrai insecte a été filmé le même jour que les phénomènes non identifiés, à la base aérienne du Bosque, par une des caméras qui a aussi filmé l’objet mystérieux (avec l’aimable autorisation du CEFAA).


Un autre insecte, encore plus près, filmé avec la même caméra quelques minutes après (avec l’aimable autorisation du CEFAA).

 


Le CEFAA a réalisé plusieurs études de photos et de vidéos « d’objets » volants qui se sont révélés n’être autres que des insectes, comme c’est le cas ci-dessus (avec l’aimable autorisation du CEFAA).

Quelques tours plus tard, Ratcliffe m’a écrit à nouveau : « j’ai interrogé plusieurs de mes collègues pour voir si l’un d’entre pensait qu’un insecte pourrait être responsable de l’anomalie sur l’image. Personne n’en avait aucune idée. »

Puis, j’ai trouvé une spécialiste des insectes chiliens. Elizabeth Arias, qui a grandi à Santiago, a enseigné l’entomologie dans deux universités chiliennes pendant cinq ans, avant de s’installer au Etats-Unis. En 2000, elle a publié un ouvrage sur les scarabées chiliens et a réalisé des études  poussées à ce sujet dans le sud du Chili. Elle m’a écrit par courriel qu’elle « connaî[t] bien les espèces d’insectes du Chili ».

Après avoir vu le matériel, elle a répondu « je dirais qu’il n’y avait pas d’insecte ». Et elle a fait ressortir l’importance de ce commentaire en le mettant en violet à la fin du texte.

« Quand les scarabées sont en vol, leurs ailes se dressent et les ailes membraneuses, qui se trouvent en dessous, battent. J’ai vu des insectes voler à maintes reprises et pris en photo ça ressemble à une torpille, plutôt de forme ovale ; c’est pourquoi je ne vois pas ici, ni ne peux me représenter où se situeraient les pattes et les ailes. » Elle a ensuite affirmé qu’elle y réfléchirait davantage. Sa description ressemblait beaucoup à l’image qui apparaît ci-dessus.

Le lendemain, le 10 avril, elle m’a écrit à nouveau: « j’ai discuté avec un ami du Chili au sujet de cette photo et il m’a dit que ça pourrait éventuellement être un insecte, uniquement si celui-ci est passé PRÈS de la caméra [insistance de sa part]. » Et elle a souligné une autre phrase en violet : « mais il est impossible de déterminer ce que c’est ».

Les entomologistes, les mieux qualifiés pour évaluer la fameuse hypothèse des insectes, semblent être arrivés à un consensus indépendant en examinant le même matériel, celui auquel tout le monde a eu accès : il ne s’agit certainement pas d’un insecte et il est impossible de déterminer de quoi il s’agit. S’ils ne peuvent pas affirmer que c’est un insecte, qui d’autre pourrait en être sûr ? Je ne prétends d’aucune manière que ma petite incursion dans le monde de l’entomologie corresponde à une expédition définitive et rigoureuse. Mais assurément elle fut enrichissante. Restez branchés à la vraie science, suite au prochain épisode.

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Voir une des vidéos du cas El Bosque dans la rubrique : Vidéos